Festival Ciné Junior : Édition 2013

Les textes des Classes Jurys

Intégralité des textes rédigés et lus par les Classes Jurys lors de la Remise des Prix le jour de la Clôture du Festival :

Classe de 5e de M. Nicolas Rechner
Collège Adolphe Chérioux de Vitry-sur-Seine

" Bonjour, nous sommes les élèves de la classe de 5 A du Collège Chérioux à Vitry-sur-Seine. Nous avons été Classe Jury du Festival Ciné Junior.
Nous remercions l’équipe du cinéma « les 3 Cinés Robespierre » de nous avoir accueilli, l’association Cinéma Public et, bien sûr, Claudine Le Pallec-Marand, ainsi que les réalisateurs qui se sont déplacés et on prit le temps de répondre à nos questions.
Tous les films présentés étaient différents, on les a tous appréciés, et les discussions à la fin des films étaient enthousiasmantes et intéressantes. Ils nous ont souvent touchés et émus.
Les votes ont été difficiles car les avis et les opinions étaient très variés dans notre classe.
Le film que nous avons finalement choisi est A LETTER TO MOMO car il aborde le thème grave du décès du père d’une jeune fille, Momo, et de la difficulté du deuil, le changement de lieu de vie à ce moment de sa vie et la rencontre avec les enfants de sa nouvelle ville. Et tout cela sans trop de tristesse grâce à la présence des 3 monstres, qui sont amusants et mettent beaucoup d’humour dans ce film. De plus, dans la classe, nous aimons bien les Mangas et on a eu plus envie de soutenir ce film.
Merci de votre attention et : Vive le cinéma ! "

Classe de 4e de M. Stéphane Mouette
Collège Henri Rol-Tanguy de Champigny-sur-Marne

" La classe de 4e C du Collège Rol-Tanguy de Champigny-sur-Marne a choisi ALI A LES YEUX BLEUS. Pour commencer, au nom de toute la classe, nous voudrions remercier Claudio Giovannesi, le réalisateur de ce film.
Inspiré de faits réels, le film nous montre la vie de Nader, jeune homme issu de l’immigration, d’origine égyptienne. Le thème de la délinquance est abordé avec réalisme ; le film montre la violence d’une banlieue de Rome, près de la mer. Nous avons trouvé ce film très réaliste car vous n’avez pas hésité à filmer des scènes de la vie quotidienne comme dormir, se laver, uriner et manger. Les acteurs ne sont pas des professionnels, mais ils jouent très bien et nous pensions que c’étaient de vrais acteurs. Ils paraissent très beaux grâce à votre manière de les filmer.
La réalisation nous a particulièrement plu comme dans la scène du braquage au début du film. Le cameraman va se placer à l’extérieur de l’épicerie à la place de Nader. Habituellement la camera serait à l’intérieur et filmerait la victime et le braqueur avec un champ contre-champ pour accentuer la violence. Être à l’extérieur donne une impression de recul.
Le découpage du film en jours de la semaine est inscrit en italien et en arabe, pour montrer les deux cultures de Nader.
La camera bouge et suit les personnages qui font l’action. Quand Nader court, cela projette le film dans la vitesse de l’action.
Enfin, ce film ne porte pas de jugement sur ses personnages. Rien n’est censuré. Nader a ses incohérences et adopte un comportement différent vis-à-vis de sa relation avec Brigitte et de celle de sa sœur avec Stephano, estimant qu’elle n’a pas les mêmes droits que lui.
Merci de faire confiance à l’intelligence et au regard de vos spectateurs ! "

Classe de 3e de M. Laurent Bellamy
Collège Paul Klee de Thiais

" C’est après un long débat que notre classe de 3e 4 du Collège Paul Klee à Thiais a décidé de distinguer le film NOSILATIAJ. LA BELLEZA, réalisé par Daniela Seggiaro.
Après la projection, nous ne savions trop quoi penser du film, bon nombre d’entre nous ont eu du mal à entrer dans l’histoire, mais ce film nous a accompagnés toute la semaine, stimulant notre sensibilité, provoquant notre réflexion, enrichissant nos échanges.
La première raison qui nous a porté sur ce choix est la manière originale avec laquelle est abordé le thème des racines, visuellement symbolisé par le motif omniprésent de la chevelure. Les racines de Yola qui nous parviennent en voix-off sont subtilement tissées entre les scènes du film où elles prennent une dimension intemporelle et sacrée. Insidieusement, on assiste à une montée en tension de l’histoire, jusqu’au moment fatidique de la scène du salon de coiffure, clef de voûte du film.
Par sa mise en scène, la réalisatrice nous laisse ressentir le sentiment de la douce-violence que subit Yola de ses « employeurs », la situation d’urgence de l’héroïne, l’injustice qu’elle vit et le déracinement qu’elle éprouve. Puis, au-delà du drame sourd que vit Yola, c’est toute la condition aborigène en Argentine qui nous apparait.
C’est donc pour toutes ces raisons que nous avons distingué le très beau film de Daniela Seggiaro, NOSILATIAJ. LA BELLEZA qui est autant une urgence à dénoncer qu’un plaisir de cinéma. "

Classe de 4e de Mmes Béatrice Hazan et Muriel Billot
Collège Albert Camus de Thiais

" Les élèves de 4e 1 du Collège Albert-Camus de Thiais sont heureux d’avoir participé au 23e Festival Ciné Junior en tant que Classe Jury. Ils tiennent à remercier l’équipe de Cinéma Public, Anne-Sophie Lepicard qui est venue au collège leur présenter le festival. Ils remercient également Marie Diagne qui les a accompagnés tout au long du festival dans leur lecture des films à travers des échanges très intéressants.
Ce fut pour tous une expérience nouvelle et très enrichissante. Elle a permis de prendre le temps de l’analyse après chaque projection, de se poser des questions afin de comprendre les intentions des cinéastes. Les rencontres avec les réalisateurs constituent des temps forts de cette semaine. On les remercie pour leur présence et le temps qu’ils ont consacré à répondre aux questions des élèves. Nous avons été sensibles au motif qui traverse les huit films de la sélection. Si tous parlent de relations au sein de la famille, de cultures, de déplacement, il nous a semblé que la séparation pourrait être le thème qui paradoxalement les rapprocherait. Au fil des projections, chaque film entrait en résonance avec le précédent.
Si la lettre peut constituer, dans LETTRES D’AILLEURS, le lien qui va rendre la séparation entre les deux amies israéliennes moins douloureuse, elle devient, dans A LETTER TO MOMO, d’abord source de désarroi pour l’héroïne qui a perdu son père, et à la fin l’élément qui va rétablir la paix dans les esprits.
Le voyage constitue la solution radicale pour surmonter cette séparation comme dans le documentaire de Eileen Hofer, C’ETAIT UN GEANT AUX YEUX BRUNS, où la quête du père conduit à s’éloigner de la mère. Ici c’est le téléphone qui permettra de relier à l’occasion d’une scène la mère à la fille. C’est par ce même moyen de communication que Greta cherchera à garder le contact avec sa mère. Alors que son père tente de l’en éloigner, tout au long de ce périple vers Arcadia, pour à la fin lui tendre l’appareil qui marque une sorte de réconciliation. La culture de l’Autre peut être la cause de heurts, de conflits. Une personne peut avoir du mal à construire son identité dans une société partagée entre tradition et modernité et où cohabitent plusieurs cultures . Elle peut être amenée à faire des choix comme Nader/Ali aux yeux bleus qui préfère quitter sa famille et tous ses préjugés archaïques pour sa petite amie. Coumba, dans GRAND COMME LE BAOBAB, trouvera une solution pour éviter le mariage forcé à sa sœur dans un aller-retour entre village et ville. Elle assure ainsi le maintien du lien avec la famille qui représente le socle de la société africaine. Dans NOSILATIAJ LA BELLEZA, Yolanda séparée de sa famille pour des raisons économiques, va, quant à elle, subir la domination de la culture argentine qui cherche à assimiler les Indiens Wichi. LE PIANO MAGIQUE nous fait prendre de la hauteur : la musique remplace les dialogues, et en tant que langage universel, elle contribue à tisser les liens entre les Hommes.
Chaque réalisateur a su, à sa manière, nous raconter des histoires qui nous ont plu, surpris, intrigués, et auxquelles nous avons été plus ou moins sensibles. Nous les remercions pour toutes les émotions qu’ils ont pu nous procurer.
Il a fallu malgré tout faire un choix parmi ces huit films pour n’en distinguer qu’un. Nous ; élèves de 4e 1 du Collège Albert-Camus de Thiais, décernons notre prix au film de Okiura Hiroyuki : A LETTER TO MOMO. Nous l’avons choisi car il est accessible à tous les publics, des plus jeunes aux plus grands. Ce film d’animation brille par son réalisme : les personnages sont bien dessinés, les décors et les paysages sont si bien représentés que l’on en oublie parfois qu’il s’agit d’un dessin animé. Ce genre cinématographique permet de mettre à distance cette histoire tragique qui est racontée avec beaucoup d’humour. Certaines séquences sont très drôles comme celle de la course avec les sangliers ou du Yôkai qui pousse Momo dans l’eau. Le récit bien construit et facile à comprendre, malgré les multiples péripéties, rend le film accessible à tous. Il est mené à un rythme très rapide qui plonge le spectateur immédiatement dans une histoire mêlant des sentiments si différents : colère, joie, tristesse. Malgré un scénario farfelu comme dans la plupart des dessins animés japonais, l’intrigue captivante reste crédible. Les scènes où Momo pense à son père sont émouvantes. Okiura Hiroyuki traite ici la question de la mort d’une manière poétique, ce qui rend celle-ci moins tragique. Il donne à connaître un pan de la culture japonaise relative aux croyances par rapport aux défunts. Tout comme Momo, on se prend d’amitié pour ces créatures fantastiques que sont les Yôkai. Cela en fait un film drôle, distrayant qui peut toucher tout le monde. Encore un grand merci aux organisateurs du Festival Ciné-Junior ! "

Classe de 4e de Mmes Awa Diarra et Catherine Kastler
Collège Jules Ferry de Villeneuve-le-Roi

" Nous avons décidé de distinguer le film A LETTER TO MOMO.
Nous remercions tout d’abord les organisateurs du Festival Ciné Junior ainsi que les réalisateurs, tout particulièrement ceux qui sont venus nous présenter leur film.
La classe de 4e C du Collège Jules Ferry de Villeneuve-le-Roi a choisi de récompenser le film A LETTER TO MOMO de Hiroyuki Okiura. Mais le choix a été très difficile. Pourquoi avons-nous primé ce film ?
- C’est un film touchant par son authenticité. Il traite de problèmes graves mais d’une façon simple.
- C’est un film plein d’humour et d’imagination
- Nous avons aimé les personnages particulièrement les étranges créatures (les Yokaï)
- L’histoire nous a plu.
- Nous avons apprécié le graphisme, plus précisément le style manga et la représentation du Japon comme les paysages et les îles.
- Le choix de la musique traditionnelle japonaise nous a rappelé les films de Miyazaki comme MON VOISIN TOTORO.
Nous souhaitons beaucoup de succès à ce film mais aussi aux autres films ! "

Classe de 3e de Mme Ludivine Fustin
Collège Danielle Casanova de Vitry-sur-Seine

" Tout d’abord nous aimerions féliciter tous les réalisateurs des films de cette compétition. Durant cette semaine, nous avons eu le plaisir de participer au festival Ciné Junior. Ce fut une expérience très enrichissante et c’est avec un immense plaisir que la Classe Jury du Collège Danielle Casanova décerne le prix du meilleur film « jeune public » au film de Claudio Giovannesi, ALI A LES YEUX BLEUS.
Divers éléments nous ont conduit à faire ce choix. Tout d’abord, nous avons particulièrement aimé le titre du film, inspiré d’un des poèmes de Pasolini, le maître de Claudio Giovannesi, dans lequel apparaît la phrase « Ali a les yeux bleus ».
Ensuite, nous avons trouvé l’esthétique des plans très recherchée, ce qui donne une beauté de l’image à l’écran. Nous avons aimé le gros plan sur les lentilles bleus de Nader au début du film, qui accentue la beauté du regard et permet de nous montrer le lien entre le titre du film et le personnage principal. Dans ce plan, toute l’expression est dans les yeux de Nader, il nous fait ressentir qu’il a peur. Cette scène trouve comme un écho dans le gros plan de la mère en pleurs à la mosquée. A cette instant, nous observons, cette fois-ci, à travers le regard de Nader. Les yeux de la mère mettent en valeur sa souffrance causée par l’absence de son fils.
Le choix d’acteurs non professionnels nous a également touché. Claudio a eu le mérite de choisir des acteurs non-professionnels qu’il a entraîné pendant 3 mois, dont Nader qu’il a rencontré lors de son précédent documentaire. Nous le félicitons pour son courage à mettre en situation ces acteurs avec réalisme. Ce film est, en effet, très réaliste car il est inspiré de faits réels. Les lieux, les scènes accentuent ce réalisme. Ce film parle d’amour, avec Brigitte et Nader, de différences, entre la culture et la religion italienne et égyptienne, et de violence entre jeunes ; on peut retrouver ces trois choses dans notre vie, et c’est pourquoi ce film nous touche particulièrement. Et il y a différents moments qui permettent de faire varier le rythme du film : des moments de tension comme les bagarres dans la boîte de nuit, la course poursuite entre Nader et Ste, où l’on se demande si Nader a touché Ste avec son tir, ou encore celui où Nader est enfermé dans le coffre de la voiture. Mais il y a aussi des beaux moments intimes entre Nader et Brigitte, comme lorsqu’ils se retrouvent sur l’herbe, avec le soleil qui se lève derrière eux.
Pour finir, nous avons vraiment aimé la fin. Elle est très intéressante car le réalisateur a choisi de montrer la réalité en se concentrant sur la famille de Nader pour montrer la souffrance de la famille qui l’attend désespérément, les visages attristés, en utilisant un plan général sur la table, qui met en valeur la chaise inoccupée et l’assiette vide. La famille ne parle pas, la seule présence dans la pièce c’est la télévision qui marche. Il manque Nader mais nous savons que Nader souhaite régler tous ses conflits avant de rentrer chez lui. On se doute qu’il va revenir car on le voit avant pleurer et sourire en même temps lorsqu’il regarde Brigitte. Le réalisateur laisse une fin ouverte, il nous laisse imaginer la suite.
Pour toutes ces raisons, nous félicitons Claudio Giovannesi pour ce film magnifique. "

Classe de 3e de Mme Florence Tellier
Collège Joliot-Curie de Fontenay-sous-Bois

" Nous souhaitons, dans un premier temps, remercier tous les participants du Festival Ciné Junior. Chaque film avait son originalité et nous avons eu beaucoup de difficultés à choisir notre film préféré.
Après mûre réflexion, notre choix s’est porté sur ALI A LES YEUX BLEUS de Claudio Giovannesi.
En effet, la vie des héros, Nader et Stefano nous a touchés. Les acteurs qui les incarnaient étaient d’un grand réalisme et jouaient très bien.
De plus, le film était plein de péripéties ; à aucun moment, le spectacteur ne pouvait s’ennuyer et la rapidité des actions était bien montrée par la caméra, portée à l’épaule. Ainsi, au moment de la course poursuite, après la dispute dans la boîte de nuit, le rythme est palpitant. On se demande si les héros vont s’en sortir.
Le thème abordé, les contradictions entre les traditions de la famille de Nader et les désirs du jeune homme, nous touche car cela concerne aussi beaucoup d’entre nous. De même, le réalisateur aborde les problèmes de l’adolescence et cela nous a plu. Ainsi, l’histoire d’amour naissante entre Brigitte et Nader parle d’une de nos préoccupations.
En conclusion, ALI A LES YEUX BLEUS est un film de son temps qui correspond bien aux jeunes d’aujourd’hui. "

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